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Le placement d’idée, l’art de glisser des concepts dans les scénarios

Paris – James Bond, Omega au poignet, conduit son Aston Martin. Et s’il parlait contraception, recyclage du verre ou avait un notaire pour ami ‘ Moins connu que le placement de produit, le placement d’idée instille des concepts dans les scénarios, non sans susciter des craintes de dérives.

James Bond, Omega au poignet, conduit son Aston Martin. Et s’il parlait contraception, recyclage du verre ou avait un notaire pour ami ‘ Moins connu que le placement de produit, le placement d’idée instille des concepts dans les scénarios, non sans susciter des craintes de dérives. afp.com/Loïc Venance

 

Le placement de produit consiste à montrer une marque à l’écran moyennant un paiement ou une autre contrepartie de l’annonceur.

Moins visible, le placement d’idée permet à une confédération, une association ou une institution de mettre en avant un concept ou une profession dans les scénarios de fictions ou les long-métrages.

Jusqu’en 2010, le placement de produit n’était autorisé qu’au cinéma. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui contrôle les messages publicitaires à la télévision, l’a, depuis, autorisé dans les fictions TV et les clips musicaux.

Afin d’informer le téléspectateur, un pictogramme apparaît au début des programmes contenant du placement de marque, après chaque page de pub et durant le générique de fin.

En revanche, pour le placement d’idée, Christine Kelly, membre du CSA, est formelle : « c’est interdit en France« , déclare-t-elle à l’AFP, avant d’ajouter « ça ne veut pas dire que ça ne se fait pas« .

« Le placement d’idée, ça va plus loin que le placement de produit, c’est encore plus subjectif. C’est toucher le téléspectateur sans qu’il en soit averti. A partir de quel moment le message sera-t-il positif ou négatif ‘ Personne ne peut le dire« , estime-t-elle.

Aménagements dans le scénario, utilisation des termes adéquats dans un domaine pour « coller à la vraie vie« , le placement d’idée peut prendre plusieurs formes, qui se veulent toujours « subtiles » et « naturelles« , et se monnaye de 15.000 à 100.000 euros, selon les agences interrogées.

De nombreux exemples circulent, certains difficilement vérifiables car le sujet est délicat.

Manipulation

Ainsi une agence sanitaire, qui n’a pas souhaité être citée, a indiqué à l’AFP avoir eu recours au placement d’idée dans une fiction télé « il y a deux ans« . « Pas sûr qu’on renouvelle l’expérience. Le coût est relativement élevé pour un impact difficilement évaluable. Ce format-là n’est pas forcément compatible avec la rigueur scientifique du message« , indique-t-on.

Jean-Patrick Flandé, de l’agence de placements Film Media Consultant, travaille pour les notaires de France. « Ils n’ont rien à vendre. Notre job consiste à offrir aux producteurs l’idée du notaire qui est là pour servir le citoyen« , explique-t-il à l’AFP en indiquant intervenir dans « quatre ou cinq fictions ou long-métrages par an« .

Selon Olivier Bouthillier, directeur de l’agence Marques et Films, le long-métrage de Cédric Klapisch, « Ma part du gâteau » (2011), a reçu un financement de l’ex-Agence nationale des services à la personne pour que le personnage de la femme de ménage, jouée par Karin Viard, soit payée en chèques emploi service universel, mis en place par le gouvernement en 2006.

Souvent cité pour ses nombreux placements de produits, « Plus belle la vie » n’a en revanche jamais eu recours au placement d’idée, selon Olivier Szulzynger, qui chapeaute les 25 auteurs concevant les scénarios du feuilleton à succès.

« On a fait truc un contre le racisme, le dépistage du cancer ou sur le vote des jeunes, mais parce qu’on en avait envie et c’était civique. Mais qu’une œuvre serve de vecteur à la communication publique ou privée, c’est 1984« , juge-t-il, en référence au roman de George Orwell.

La manipulation est le principal risque soulevé par les détracteurs du placement d’idée. Pourtant, les garde-fous existent, selon les personnes interrogées.

« Il ne faut pas imaginer qu’on va pouvoir faire un 180 degrés dans le scénario, on pourra faire des petites touches. La force de l’argent a ses limites« , assure Jean-Patrick Flandé, qui place des marques dans les films de James Bond.

« L’intérêt pour nous, c’est de respecter la narration« , ajoute Olivier Bouthillier.

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« HOMOSAPIENNES » FEMMES DES ANNÉES 2010

Le 02 août 2013 – GHISLAIN LOUSTALOT

Femmes des années 2010
Entre deux scènes, Audrey Dana donne quelques indications de jeu à Laetitia Casta.© Riccardo Tinelli/H&K

Devant la caméra d’Audrey Dana, onze actrices françaises se jettent au visage la vie, l’amour, les chagrins et les sondages. Une comédie très instructives.

On se croirait aux César, une année faste. Glamour et palmarès étoffés sont au rendez-vous. Vanessa Paradis est arrivée la première, jean de cuir fin, chemisier blanc, queue-de-cheval et baskets Nike argentées. Isabelle Adjani, Marina Hands, Alice Taglioni, Sylvie Testud, Audrey Fleurot, Julie Ferrier et Alice Belaïdi ont déboulé dans la foulée de ce tournage top secret. Manquent à l’appel Géraldine Nakache et Laetitia Casta, qui débarqueront le soir, la seconde venue spécialement d’Italie, pour la photo de groupe. Ce casting de rêve est dirigé par Audrey Dana qui se trouve pour la première fois des deux côtés de la caméra.

Son film raconte comment le destin de onze femmes va déraper et basculer en l’espace de vingt-huit jours, le temps d’un cycle hormonal. « Ce cycle, c’est moi qui le symbolise dans l’histoire. J’ai mes règles au début et à la fin. Je suis une orthophoniste un peu hystérique, totalement connectée à ses hormones. » Quand elle n’est pas Jo, Audrey Dana orchestre avec finesse et humour la partition jouée par cette troupe de choc. Onze actrices réunies depuis quelques semaines pour explorer les rapports des femmes à l’amour, au sexe, à la vie -professionnelle, au couple et à la fidélité. Aucune n’en sortira indemne. Audrey Dana est sur tous les fronts. « Je fais tellement de choses en même temps qu’il m’est arrivé de crier “gros bisous !” au lieu de dire “action”. » Elle ne devait pas réaliser le film mais les producteurs ont préféré faire confiance à celle qui portait le projet depuis le début. « Audrey est en train d’apporter la réponse féminine aux “Infidèles”, explique Marc Missonnier. Sauf que ce n’est pas un film à sketchs, mais une histoire chorale. Toutes les actrices ont accepté de toucher le même cachet, qui n’a rien à voir avec leur tarif habituel. Elles ont dit oui en tant que femmes, parce que le propos résonnait en elles. »

AUDREY DANA  « ALMODOVAR NOUS A PIQUÉ LE MEILLEUR TITRE : “FEMMES AU BORD DE LA CRISE DE NERFS” »

A l’écran, cela pourrait bien s’appeler « Very Bad Girls ». « Almodovar nous a piqué le meilleur titre possible : “Femmes au bord de la crise de nerfs” », lance Audrey Dana. Tout un programme. Il est 13 heures. Loin en amont de la sortie du film, nous découvrons donc en exclusivité l’espace de 450 mètres carrés transformé en showroom de lingerie féminine, qui sera l’un des décors phares de l’histoire. Il y fait 35 °C. Les ventilateurs et la climatisation ont été arrêtés pour que le silence soit total. La discrétion de notre part doit l’être aussi, condition posée d’emblée par la réalisatrice : « Je leur demande des choses très intimes, très délicates. Nous allons tourner aujourd’hui une séquence de beuverie dans laquelle elles se lâchent, alors je me bats comme une mère louve pour qu’il n’y ait personne dans leur regard, pour qu’elles se sentent dans leur bulle. S’il vous plaît, ne leur disons pas que vous êtes là. »

 « LA VIE C’EST QUAND MÊME PLUS PARADOXAL QUE LA SALOPE OU LA BONNE COPINE… »

Vanessa Paradis sort un ventilateur de poche, aère son visage puis celui d’Isabelle Adjani. Elle incarne une chef d’entreprise qui, accro du boulot et en panne d’amis, reste sous le coup des déclarations stupéfiantes de son médecin : « Vous êtes une femme de tête, c’est bien connu que les femmes qui réussissent ont un fort taux de testostérone. » De quoi filer des vapeurs. Julie Ferrier et Marina Hands ont sorti les éventails. Sylvie Testud et Alice Belaïdi échangent à voix basse. Toutes restent concentrées.

Audrey Dana vérifie quelques détails techniques avant de raconter en quelques phrases la genèse du projet, tout en couvant des yeux son plateau : « L’idée, c’est de casser les jambes au mythe de la femme française. Je schématise mais, en gros, dans les comédies qu’on propose aux actrices, tu joues soit la salope, soit la bonne copine. La vie, c’est quand même plus paradoxal ou nuancé que ça ! Tout le monde m’avait parlé du film “Mes meilleures amies” comme d’une référence. Quand je l’ai vu, je me suis dit : “Super, mais est-ce qu’on ne pourrait pas pousser le curseur un peu plus loin ?” Par rapport à ce qu’on vit de profondément tragi-comique dans le bordel sans nom de nos existences de femmes, on était loin du compte. J’avais envie d’une bande de meufs qui sortent de la rivalité pour communier. Pour cette raison, je ne pouvais pas choisir des actrices “actrices” dans le sens péjoratif du terme, c’est-à-dire chiantes, difficiles à gérer. A celles que j’ai désirées, j’ai proposé des rôles de composition qu’on ne leur avait jamais offerts. Nous avons tout construit ensemble. »

Sur le plateau, où la lumière est revenue, on enchaîne les répétitions et les scènes. Audrey se lève pour reprendre le fil du tournage et crie à ses actrices : «Je vais envoyer quelqu’un vous acheter des glaces. » Hurlements de joie de huit gamines complices et heureuses d’être là, de se marrer et de bosser dur ensemble. Audrey Dana rayonne, tout roule. Sur l’exemplaire du scénario qui ne la quitte jamais, elle a écrit cette phrase de Proust : « Ce qu’il y a d’admirable dans le bonheur des autres, c’est qu’on y croit. » Eh bien ! nous aussi, mais ce bonheur-ci a l’air tout à fait véritable.

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La Grande Boucle : Un placement de produit à l’image du Tour de France

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Préparation au Tour de France Cycliste oblige, je suis allée voir au cinéma le film La Grande Boucle sorti en salle le 12 juin. C’est un film réalisé par Laurent Tuel et qui met en scène Clovis Cornillac dans le rôle d’un ancien cycliste pro un peu frustré. Viré de son boulot, quitté par sa femme, il décide de faire son Tour de France avec un jour d’avance. Pendant le jour de repos des pros, lui fait l’étape du lendemain, seul.

C’est une belle histoire qui n’est pas sans rappeler Le vélo de Ghislain Lambert avec Benoît Poelvoorde, le côté loser en moins. Mais ce dont je voudrais vous parler aujourd’hui, c’est l’importance du placement produit présent dans ce film. Cette saturation publicitaire passe pourtant presque inaperçu au début puisqu’après tout, c’est le Tour de France ! Et qu’y a-t-il de plus publicitaire à la télévision française que Le Tour de France ?

Un événement publicitaire télévisuel

Crédit Photo © Stéphane Kyndt

Crédit Photo © Stéphane Kyndt

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Crédit Photo © Stéphane Kyndt

Le Tour de France, c’est d’abord un grand événement sportif. Cette course à étapes fait référence dans le monde du cyclisme et malgré les controverses dues aux dopages et autres, cela n’en demeure pas moins un sport qu’on aime regarder et suivre.

Souvenez-vous ces belles images dans le film Les Triplettes de Belleville. Le Tour de France c’est aussi ce petit esprit guinguette qui a ses codes. Le peloton, les échappés, la voiture balais, la caravane… le cyclisme a son jargon particulier qui chez nous rappelle l’été et les beaux jours.

C’est aussi un événement télévisuel qui a permis le développement de technologie de transmission d’images en direct depuis les montagnes. Les Français filment tellement bien le sport et surtout le cyclisme. Ils savent ce qu’il faut montrer, sous quel angle et à quel moment, pour offrir un performance de montage en direct que Griffith pourrait envier. Et pour un événement aussi regardé, il fait une publicité à la hauteur.

Sponsors d’équipes, équipe aux couleurs des grandes sociétés, soutien de l’organisation du Tour, fournisseur en équipement, chronomètre… tout est bon pour faire paraître sa marque devant les caméras de France Télévisions ou d’être même cité en tant qu’acteur de la compétition.

Crédit Photo © Stéphane Kyndt

Crédit Photo © Stéphane Kyndt

Certes l’histoire de La Grande Boucle est fictive, mais toutes les marques présentes sont bien réelles. Comme à la télé, on les voit en fond des images, sur les maillots et surtout elles sont citées avec générosité. Je vous laisser regarder ces quelques photographies pour juger par vous-mêmes.

Crédit Photo © Stéphane Kyndt

Crédit Photo © Stéphane Kyndt

Dossier de presse

Et là où ils ont été forts, c’est sur le dossier de presse. La mise en page nous met immédiatement dans l’ambiance de cet événement sportif d’envergure grâce à des Unes et des interviews que les journalistes qui reçoivent le document peuvent jalouser. Et bien entendu, de quel journal s’agit-il ? L’Équipe !

Après tout, qui d’autre que l’Équipe ? C’est tout à fait légitime, mais ne doutons pas qu’il s’agit bien d’un petit placement de produit jusqu’au dossier de presse.

Et si jamais vous avez encore des doutes, je vous invite à aller voir le film – je l’ai vraiment aimé – et de rester jusqu’à la fin du générique. Vous assisterez à un défilement en cours de tous les logos et marques cités durant 98 minutes.

P.S. : Apparemment le film aurait pu s’appeler « Tour de Force ».

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Quand les grandes marques s’invitent dans les films

Samy Naceri au volant d’une peugeot 406 dans le film TAXI (Luc BESSON)

Laissez de côté vos clichés sur ‘ James Bond ‘ et ses voitures de marque : le phénomène de la publicité dans les films n’est pas réservé qu’aux productions hollywoodiennes. Intéressante pour les annonceurs comme pour les producteurs, cette pratique fait, plus que l’on ne croit, les beaux jours du cinéma français.

Le placement de marques au cinéma consiste pour un annonceur à faire apparaître son produit ou sa marque dans un film, contre de l’argent, des services ou un échange de marchandise. Tout peut-être sujet à placement : l’école privée Acadomia dans Les Irréductiblesactuellement en salles, l’eau minérale Evian dans Palais royal de Valérie Lemercier (2005), ou encore le département de l’Ain dans le prochain long-métrage de Luc Jacquet.

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Les marques, des figurants bankables

 

Depuis le 24 avril, l’adaptation cinématographique de l’Ecume des jours, le roman culte de Boris Vian, attire le public français dans les salles. Dans une relation totalement inédite avec Peugeot, Michel Gondry, le réalisateur du film, a fait fabriquer une limousine transparente pour véhiculer Colin et Chloé. Le constructeur lui a racheté la voiture qui, lors de la sortie en salle, a été exposée dans le show-room des Champs Elysées.

Les acteurs ont leurs agents, les produits aussi. En France, quatre grandes agences négocient des contrats gratuits ou payants. Des montres aux collants, des voitures aux croquettes… tout peut apparaître à l’écran, si l’audience suit.

Qui les verra ? Les jolies jambes des danseuses de Gatsby le magnifique porteront toutes des bas créés par Fogal. Pour fêter sa présence dans le film de l’Australien Baz Luhrmann qui ouvrira le Festival de Cannes, la marque va éditer une série limitée de collants. L’idée de ce partenariat est née dans l’esprit de Propaganda GEM, fondée à Genève en 1991. Avec une quarantaine de clients parmi lesquels Swatch, Nokia, Garnier, Carlsberg, Nespresso ou… Greenpeace, cette société présente sur trois continents au travers de onze bureaux est le leader mondial du placement de produits dans les longs métrages, les téléfilms, les vidéos musicales et les jeux vidéo. Les producteurs d’Iron Man,Minority Report,Batman,Bridget Jones et des derniers Woody Allen ont tous collaboré avec Propaganda GEM, de même que ceux de « 24 heures », « Dr House », ou « Sex ¤amp; the City ». Dans la sélection cannoise, Un château en Italie de Valeria Bruni-Tedeschi a pour sa part réuni quelques milliers d’euros grâce à une présence discrète de Fiat et de Nespresso à l’écran…
Aussi ancien que le cinéma des frères Lumière, le placement payant de produits dans les films occupe une place originale dans le champ de la publicité. En France, quatre ou cinq agences se partagent le marché. Si, dans un scénario, une scène se prête à accueillir les produits de leurs clients, elles s’empressent d’avancer une proposition. C’est ainsi qu’Olivier Bouthilier, directeur de Marques ¤amp; Films, a procédé pourJappeloup, l’histoire de Pierre Durand et de son cheval champion olympique en 1988 à Séoul. « Parmi les marques qui étaient partenaires des JO à l’époque, beaucoup nous ont dit non », se souvient-il. En revanche, Piaget a posé son logo sur les chronomètres des compétitions et a fourni la montre portée par Daniel Auteuil ; Audi a prêté un modèle ancien de véhicule. Ont aussi contribué Gucci, le laboratoire vétérinaire Audevard, et même la chaîne de télévision Equidia qui pourtant n’existait pas à l’époque !Lacoste a été apporté par Propaganda GEM.

MÊME LES START-UP FONT LEUR CINÉMA

Parfois, l’agence peut avoir un rôle plus actif. Dans La vérité si je mens ! 3, Gilbert Melki doit annoncer qu’il a investi dans une start-up. « J’estimais plus crédible de citer une société réelle plutôt qu’un nom imaginaire », raconte Olivier Bouthilier. Melki est ainsi devenu « actionnaire » de monshowroom.com et les deux fondatrices ont apporté quelque 200 000 euros à la production. L’agence a touché entre 20 et 30% de commission.
Mis bout à bout, « les partenariats peuvent représenter jusqu’à 5% du budget », estime Olivier Bouthilier. Mais pas question de truffer les films de produits associés à desmarques : « Personne ne veut voir une publicité de quatre-vingt-dix minutes sur grand écran », insiste Anders Granath, cofondateur de Propaganda GEM. Les contrats sont très encadrés. « Tout est stipulé : le nombre de fois où la marque doit apparaître, le contexte dans lequel elle est filmée… », souligne Laurence Devèze, chez Star Product. En règle générale, l’annonceur paie au moment de la sortie en salle, une fois assuré que le cahier des charges est rempli. Car des scènes peuvent passer à la trappe au montage. « Cela arrive dans 30% des longs métrages », considère Hervé Montron, directeur de Casablanca.
Au pays du film d’auteur, cette pratique ne représente qu’une ressource marginale. Elle est d’ailleurs peu présente dans la sélection cannoise. Si certains cinéastes s’avouent réticents – à l’instar de Costa-Gavras qui « l’évite quand il le peut » -, d’autres le regrettent. « C’est que les marques calculent leur présence en terme de risque », glisse l’un d’eux. Si les blockbusters américains sont conçus pour arroser la planète entière, la diffusion confidentielle d’un pan de la production tricolore suscite une certaine prudence de la part des annonceurs. Ce qui n’empêche pas les oeuvres difficiles de bénéficier, comme les autres, de prêts gratuits. C’est une pratique systématique chez Apple, pour ses Mac, iPhone et iPad, et régulière chez les constructeurs automobiles.

L’AUDIENCE TÉLÉVISÉE EN LIGNE DE MIRE

Lorsqu’ils paient, les annonceurs entrent alors, le plus souvent, dans une logique publicitaire. Leur cible privilégiée : les productions promises à de grosses entrées en salle et, surtout, à une forte audience télévisée. « 80% des investissements se concentrent sur 20% des films », déclare Jean-Patrick Flandé, directeur de Film Media Consultant, qui réalise un cinquième de son chiffre d’affaires avec les productions étrangères. Dans les contrats, l’argent n’est souvent qu’une composante. La promotion, promise par l’annonceur, peut être tout aussi importante. Ainsi, Frolic a mis sur le marché 2 millions de boîtes de croquettes pour chien à l’effigie de Bill pour la sortie deBoule et Bill ; Peugeot a exposé dans son show-room des Champs-Elysées la limousine transparente fabriquée pour L’Ecume des jours de Michel Gondry, sorti le 24 avril. L’Office hollandais des fleurs, qui a apporté 40 000 euros en espèces (autant en fleurs – la médication de Chloé pour guérir de son nénuphar), a aussi organisé une promotion avec Monceau Fleurs. Et l’Inpi, l’organisme de protection des brevets etmarques, séduit par l’univers inventif du roman de Boris Vian, a créé un site autour du film.
Pour les annonceurs, placer un produit dans un film présente un triple avantage. C’est un moyen original et bon marché de faire de la publicité, si l’on en croit Jean-Patrick Flandé : « Entre les entrées en salle, les vidéos et la télé, nous obtenons en moyenne 10 à 15 millions de contacts par film. » Et c’est efficace. Après avoir vu Les Lyonnais, dans lequel Gérard Lanvin roule en Audi, 34% des spectateurs déclaraient garder un bon souvenir de la marque et vouloir s’informer sur ses modèles. Le lien avec le septième art permet aussi d’imaginer des opérations pour les clients : rencontre avec les acteurs, invitation sur le tournage… Chez Audi, certains ont eu droit à un saut en parachute avec Tomer Sisley (Largo Winch). Le placement payant de produits au cinéma ne connaît pas la crise. « De plus en plus de marques nous sollicitent », assurent en choeur les agences.

NATHALIE SILBERT, AVEC FREDERIC THERIN, EN SUISSE

Enjeux Les Echos n° 300 du 01 Mai 2013 • page 68

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Le fabuleux garage de Michel Gondry

Ces trois étranges Peugeot deviennent les voitures de cinéma dans L’Ecume des jours de Michel Gondry. © Alexandre Tabaste

La 404 transparente

À gauche, un croquis de Michel Gondry. À droite, la Cadillac Fleetwood transformée en limousine transparente.
« J’ai eu dès le début l’idée d’une voiture transparente. C’est une vanité avec tout un étalage de richesse visible de l’extérieur. L’aspect translucide évoque le début du livre quand la lumière passe à travers les carreaux de l’appartement de Colin. J’ai suivi la construction, c’était très amusant. Et même si toutes mes idées, comme le hublot ou les phares orientables, n’ont pas été retenues, la silhouette de la 404 se retrouve dans cette carrosserie en plexiglas et Omar Sy a adoré la conduire. »

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Sean Penn devant un réalisateur français

© crédit photo : JACQUES BOURGUET / MANO

L’acteur américain sera le héros de Prone Gunman réalisé par Pierre Morel et porté par Studiocanal.

Après Liam Neeson dans Taken, c’est au tour de Sean Penn de passer devant la caméra de Pierre Morel, annonce The Hollywood Reporter.

Le réalisateur serait en négociation avec les producteurs Joel Silver et Andrew Rona (Silver), pour réaliser l’adaptation du roman La position du tireur couché de Jean-Patrick Manchette, sur un scénario de Patrick Travis. Studiocanal nous confirme qu’il finance le projet entièrement.

Le tournage débuterait au printemps 2013 aux quatre coins de l’Europe.

Prone Gunman raconte l’histoire d’un tueur à gages, Martin Terrier (Sean Penn), qui, trahi par l’organisation pour laquelle il travaille, doit fuir à travers l’Europe afin de lui échapper.

Océane LE MOAL
© crédit photo : JACQUES BOURGUET / MANO

Quai d’Orsay, quand la BD s’invite au ciné

Par Olivier Delcroix – Publié 
 

Reportage sur le tournage du prochain film de Bertrand Tavernier, qui sortira à l’automne.

À l’entrée de l’Assemblée nationale, il faut montrer patte blanche. Après le passage du portique magnétique et le contrôle d’identité, l’agent de sécurité délivre cérémonieusement un badge visiteur. Éclat de rire: le petit rectangle est illustré de trois dessins hilarants de Christophe Blain représentant le héros de ses albums Quai d’Orsay (Dargaud) en pleine envolée lyrique. C’est ici, sous les ors de la République, que Bertrand Tavernier tourne plusieurs scènes de son prochain film. Après La Princesse de Montpensier, il a choisi d’adapter une bande dessinée qui a remporté un succès inattendu: il s’est vendu à 500.000 exemplaires.

Il est vrai que Christophe Blain et son scénariste Abel Lanzac n’ont pas choisi n’importe quel héros: Alexandre Taillard de Worms, flamboyant ministre des Affaires étrangères, est ouvertement inspiré de Dominique de Villepin. Le personnage est vu par les yeux d’Arthur Vlaminck, jeune plume engagée au cabinet, qui devra se faire une place au sein d’une équipe que le ministre maintient sous tension permanente. Si la bande dessinée Quai d’Orsay est aussi réussie, c’est qu’Abel Lanzac, haut fonctionnaire des Affaires étrangères, a été un des jeunes conseillers de Villepin en 2004.

Très vite après sa publication, le diptyque Quai d’Orsay a tenté plusieurs cinéastes. Après cinq mois d’âpres négociations, c’est finalement Bertrand Tavernier qui l’a emporté. Il s’est aussitôt envolé pour New York avec Blain et Lanzac. Le trio y a travaillé huit jours pour en tirer le scénario. «Lors de cette semaine new-yorkaise, raconte Tavernier, nous avons déconstruit les albums, pour inventer 25 à 30 % de scènes inédites nées de mes questionnements incessants. Nous travaillions parfois jusqu’à 4 heures du matin. J’étais tellement en symbiose avec le personnage que je finissais par “villepiniser”!»

«C’est Frankenstein qui parle aux Sept Nains!»

Le tournage, commencé en octobre, s’est successivement déroulé dans les locaux du Quai d’Orsay, de l’Élysée, puis à l’Assemblée nationale où l’on surprend le réalisateur en plein travail. Dans l’allée centrale, les camions de la production prouvent que l’équipe de Tavernier a largement pris possession des lieux. Un technicien prévient que le tournage est déjà bien avancé. Dans l’Hémicycle, des comédiens beuglent, tandis qu’au perchoir, le président de l’Assemblée tente de rétablir le calme. Alexandre Taillard de Worms est passé par là. Frédéric Bourboulon, le producteur de Bertrand Tavernier, précise en aparté: «Dans cette scène à l’Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères prononce un discours prévoyant d’envoyer des troupes de l’ONU en Oubanga pour rassurer les ressortissants français menacés par l’embrasement du pays.»

Dans l’album, la séquence est expédiée en une case. Au cinéma, la mobilisation est tout autre. Assis devant l’écran de contrôle, Bertrand Tavernier jubile. Le cinéaste, son éternelle écharpe autour du cou, casquette vissée sur le crâne et pantalon de velours côtelé, visionne les rushs. ­Thierry Lhermitte crève l’écran. Survolté, marchant d’un pas décidé, il quitte l’Assemblée nationale après avoir mis le feu aux poudres, tout en sermonnant Arthur Vlaminck incarné par Raphaël Personnaz: «Votre discours, ça n’allait pas! C’est Frankenstein qui parle aux Sept Nains! C’est pas fait pour l’oral…»

Bruno Le Maire dans son propre rôle

À ce moment, Bruno Le Maire, l’ancien directeur de cabinet de Villepin et ici dans son propre rôle, interrompt le comédien-ministre: «Vous étiez formidable, Taillard. Rien à dire: vous êtes un vrai champion à l’oral!» Et Thierry Lhermitte, imperturbable, de reprendre sa conversation avec Vlaminck-Personnaz: «Tiens! Qu’est-ce que je vous disais!» Tavernier rigole: «Sacré Taillard de Worms, il se contredit à la seconde!» La prise est bonne. Comme Le Maire, Dominique de Villepin aussi a été invité à faire une apparition à l’écran. Mais cela n’a pas été possible. Il était alors «absent de Paris».

Tavernier a veillé à trouver des angles inédits pour ne pas reprendre le dispositif des caméras qui filment régulièrement les députés. «La personne qui nous a guidés à l’Assemblée, raconte-t-il, nous a fait remarquer que nos députés étaient trop attentifs. Elle nous a raconté que certains d’entre eux faisaient leur courrier tout en criant contre le mi­nistre!»

Comme le tournage à l’Assemblée est en avance d’une demi-journée, l’équipe prend le temps de poser pour la traditionnelle «photo de classe». Puis Lhermitte et Tavernier filent vers la cantine. Sur le plateau, l’atmosphère est très détendue. Tout le monde est confiant, convaincu de la qualité du film. «Les dialogues sont hilarants, s’enthousiasme Tavernier. J’ai sollicité Abel Lanzac quand j’avais besoin de renforcer une réplique ou un dialogue. Il m’a sorti des phrases comme: “Il faut donner de la hauteur à votre suppositoire!”, “Taillard, c’est plus un ministre, c’est un sorcier africain!” ou encore: “Votre discours, c’est comme réciter le Talmud à une assemblée de copropriétaires”.»

Pour accompagner les incantations du ministre-chaman, Tavernier a demandé au compositeur Philippe Sarde d’orchestrer une bande originale auda­cieuse. «Elle mêle les sons singuliers du didgeridoo, instrument à vent des Aborigènes australiens, avec des lignes rythmiques saxo soprano et contrebasse. Je sais que lorsque je lui propose ça, ça le stimule!» Sortie prévue au deuxième semestre 2013.

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Hugo Gélin, le cinéma en héritage

Le petit-fils de Daniel Gélin réalise un road-movie réussi et chaleureux sur l’amitié. Entre rire et émotion.

Hugo Gélin, François-Xavier Demaison, Mélanie thieery, Pierre Niney et Nicolas Duvauchelle sont comme des frères. (Maxppp)

 

Un grand-père naturel, Daniel Gélin, star des années 1950-1960. L’autre, d’adoption, Yves Robert, à l’origine de comédies françaises parmi les plus populaires – La Guerre des boutonsUn éléphant, ça trompe énormémentLe Grand Blond avec une chaussure noire, entre autres. Une grand-mère, Danièle Delorme, actrice et productrice. Un papa, Xavier Gélin, qui fut producteur et comédien. « Pourtant, avec une telle famille, je me cachais pour faire du cinéma quand j’étais adolescent », dit, avec un large sourire, Hugo Gélin. À 32 ans, hérédité oblige, il réalise son premier film, Comme des frères, où l’amitié joue un rôle prépondérant. Comme dans l’oeuvre d’un certain… Yves Robert.

Une amitié atypique

« Il se trouve que j’ai deux excellents copains : l’un a 20 ans, l’autre 40. Vu cet écart d’âge entre nous trois, je trouve notre amitié plutôt atypique. C’est un cas de figure que j’ai rarement vu au cinéma. Je connais pas mal de quadras qui jouent encore à la PlayStation alors que beaucoup de jeunes de 20 ans veulent très vite se mettre en couple. Sur l’amitié, j’aime beaucoup les films de Sautet, de Cassavetes, Les Copains d’abord, de Lawrence Kasdan, et, évidemment, Un éléphant… et Nous irons tous au paradis, d’Yves Robert. »

Il y a trois ou quatre ans, Hugo Gélin devait réaliser son premier film qui n’avait rien à voir avec Comme des frères. À un mois du tournage, un distributeur lui fait faux bond. « Sur le moment, j’ai été vraiment désespéré. En fait, ç’a été un bien pour un mal. Avec le recul, je me suis rendu compte que mon sujet manquait de profondeur. Du coup, j’ai fondé une maison de production, Zazi films [d’après le surnom de son père, décédé en 1999] et j’ai écrit trois nouveaux scénarios. »

Dédié à « Jocelyn »

Hugo Gélin se souvient des grandes tablées de son enfance. Il y avait là Jean Rochefort, Claude Sautet, Yves Robert qui, tous, refaisaient le monde. « Du haut de mes 10-12 ans, je ne me rendais pas très bien compte de la chance que j’avais. » Pendant ses vacances à la campagne, il s’amuse à réaliser des films. « Certains duraient une heure et demie! Avec un copain, on jouait une vingtaine de personnages. Bien sûr, c’était nullissime, mais j’adorais cette notion de créer quelque chose de A à Z. » Être devant la caméra ne l’attire pas plus que cela, mais il s’inscrit tout de même à un cours pour mieux comprendre les acteurs. « Le premier jour, on devait se présenter sur scène et dire quel était notre modèle. En toute modestie, j’ai dit : ‘Je veux être Steven Spielberg’! »

Xavier Gélin, qui surveille son rejeton du coin de l’oeil, l’inscrit à la prestigieuse université de cinéma UCLA d’où est, notamment, sorti Martin Scorsese. « J’ai réussi le concours d’entrée ; malheureusement, mon père est mort du cancer l’année où je devais partir aux États-Unis. J’étais tellement dévasté que je n’y suis jamais allé. » Comme des frères est dédié à « Jocelyn ». Jocelyn Quivrin, compagnon d’Alice Taglioni, le flic amoureux de Sophie Marceau dans LOL, qui s’est tué en voiture sous le tunnel de Saint-Cloud en novembre 2009. « C’était l’un de mes meilleurs amis. Il aurait eu largement sa place dans le film. »

Jean-Pierre Lacomme – Le Journal du Dimanche

dimanche 18 novembre 2012

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« Max » de Stéphanie Murat, élu meilleur film du festival de Sarlat

Festival du film de Sarlat 2012. – All Right Reserved

(AFP) – Le film « Max » de Stéphanie Murat, avec JoeyStarr et Mathilde Seigner, a reçu samedi soir la Salamandre d’or, qui récompense le meilleur film du festival de Sarlat (Dordogne).

C’est le public qui a attribué ce prix à ce long métrage qui sortira sur les écrans le 23 janvier. Il raconte l’histoire de Maxine, 6 ans, une fillette au fort caractère, vivant seule avec son père Toni (JoeyStarr), un marginal au grand cur qui recontreRose (Mathilde Seignier), une prostituée.

De leur côté, les quelque 600 lycéens venus de toute la France participer à ce festival ont attribué leur prix à « Comme des Frères » de Hugo Gélin.

Le prix d’interprétation féminine, désigné par le jury jeune est allé à Mélanie Thierry pour son rôle dans « Comme des Frères« .

Côté masculin, c’est Raphaël Personnaz qui a reçu le prix pour son interprétation dans « La stratégie de la poussette » de Clément Michel.

Au total, sept long métrages, projetés en avant-première depuis mardi, étaient en compétition pour la « Salamandre d’or« .

Parallèlement à cette compétition, les lycéens de terminale option cinéma venus d’une trentaine d’établissements français, ont étudié luvre du cinéaste Ernst Lubitsch, dont le film « To be or not to be », au programme du baccalauréat.

Les apprentis cinéastes sont également passés derrière la caméra à l’occasion du tournage de petites séquences encadrées par des professionnels, notamment par le réalisateur Jean-Pierre Denis (« Histoire d’Adrien« , « Les blessures assassines« ).

17 novembre 2012

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